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    <title>Radio Campus Pau - RSS Actualités - Articles Littérature</title>
    <description>Radio Campus Pau - RSS Actualités - Articles Littérature</description>
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      <title>Imaginez : METRO 2033</title>
      <description><![CDATA[&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Imaginez vous enferm&eacute;s dans le m&eacute;tro moscovite &agrave; la suite d&rsquo;un holocauste nucl&eacute;aire. La capi...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Jan 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"><b>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Imaginez<i> </i></b><span>vous enferm&eacute;s dans le m&eacute;tro moscovite &agrave; la suite d&rsquo;un holocauste nucl&eacute;aire. La capitale russe enti&egrave;rement d&eacute;cim&eacute;e, ses habitants se r&eacute;fugient &agrave; plusieurs dizaines de m&egrave;tres de profondeur, dans </span><span>cet endroit s&ucirc;r, connu pour &ecirc;tre l&rsquo;</span><span>un des joyaux de la modernit&eacute; sovi&eacute;tique. </span><b><span>Imaginez</span></b><span> que vingt ans apr&egrave;s les derniers bombardements </span><span>une soci&eacute;t</span><span>&eacute; d&rsquo;hommes et de femmes se d&eacute;veloppe dans cet endroit quelque peu insolite, tandis qu&rsquo;&agrave; la surface ne r&egrave;gnent que la mort, la d&eacute;solation mais aussi&hellip; des mutants.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"><b>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Metro 2033</b> est un roman d&rsquo;anticipation post-apocalyptique &eacute;crit par Dmitry Glukhovsky, un ancien journaliste russe, notamment connu pour son opposition au pouvoir de Vladimir Poutine. Publi&eacute; pour la premi&egrave;re fois en 2005 en Russie o&ugrave; il devint vite un <i>best-seller</i>, il a fallut attendre 2010 pour que le roman parvienne aux lectrices et lecteurs fran&ccedil;ais. Nous suivons les aventures du jeune Artyom &agrave; travers les tunnels sombres et glauques du m&eacute;tro moscovite apr&egrave;s une catastrophe nucl&eacute;aire. En effet une guerre mondiale d&eacute;g&eacute;n&egrave;re, basculant dans un conflit nucl&eacute;aire sans pr&eacute;c&eacute;dent. L&rsquo;auteur imagine, en fait, un prolongement pessimiste de la Guerre froide. Am&eacute;ricains et Russes ne pouvant plus s&rsquo;entendre, les diplomates &eacute;chouant dans leur t&acirc;che, l&rsquo;humanit&eacute; p&eacute;rit sous le feu des bombes atomiques. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le roman d&eacute;bute autour d&rsquo;un feu, o&ugrave; des hommes arm&eacute;s se pressent pour se chauffer les mains tout en se racontant des histoires, rappelant au passage les &eacute;v&eacute;nements de la catastrophe. Parmi eux se trouve Artyom. La garde est longue et fatigante. A quelques m&egrave;tres devant eux, la faible lueur des flammes parvient &agrave; peine &agrave; &eacute;clairer les t&eacute;n&egrave;bres d&rsquo;un tunnel conduisant vers ce qui, autrefois, n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une ligne de m&eacute;tro banale. Mais depuis peu des cr&eacute;atures mutantes semblent s&rsquo;&ecirc;tre infiltr&eacute; depuis une station voisine. On raconte autour du feu que les portes herm&eacute;tiques de cette station ont &eacute;t&eacute; forc&eacute;es par le pass&eacute; et que les nouveaux habitants de la surface en ont profit&eacute; pour nouer contact avec les hommes. Depuis cet instant, les odieux monstres &agrave; la peau br&ucirc;l&eacute;e par les radiations terrorisent la population et menacent l&rsquo;existence de ceux qui pourraient bien &ecirc;tre les derniers hommes sur (sous) Terre. C&rsquo;est au cours de cette garde que le destin d&rsquo;Artyom est amen&eacute; &agrave; changer. Une attaque mutante fait plusieurs victimes et Hunter, un gaillard peu avenant au premier regard, confie une mission de la plus haute importance au jeune homme, avant de dispara&icirc;tre &agrave; son tour dans les t&eacute;n&egrave;bres du m&eacute;tro moscovite. Cette mission : faire parvenir un message &agrave; Melnik, un contact de Hunter &agrave; la station Polis, situ&eacute;e au centre du r&eacute;seau m&eacute;tropolitain et qui, comme son nom l&rsquo;indique bien, se pr&eacute;sente comme une sorte de cit&eacute;, o&ugrave; se trouvent la plupart des &eacute;lites russes ayant &eacute;chapp&eacute; &agrave; la catastrophe nucl&eacute;aire. Le contenu du message n&rsquo;est pas clair, mais il ne fait aucun doute sur l&rsquo;importance d&rsquo;une telle entreprise. Si Artyom veut sauver l&rsquo;humanit&eacute;, il faut commencer par pr&eacute;venir les plus hautes autorit&eacute;s du m&eacute;tro de l&rsquo;imminence d&rsquo;une guerre. Ainsi le lecteur suit le r&eacute;cit, quasiment &eacute;pique, d&rsquo;un jeune homme pr&ecirc;t &agrave; tout les sacrifices pour pouvoir sauver les Hommes de l&rsquo;extinction, quitte &agrave; braver les radiations de la surface.</span></p>
<p align="justify"></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"><b><u>&nbsp;Artyom : enfant du m&eacute;tro moscovite</u></b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Lorsque la guerre &eacute;clate entre Russes et Am&eacute;ricains, et que les premi&egrave;res bombes menacent de frapper Moscou, la ville vit au rythme tranquille d&rsquo;un apr&egrave;s-midi d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Alors que le petit Artyom, &agrave; peine &acirc;g&eacute; de quelques mois, se balade au zoo en tenant la main de sa m&egrave;re, la panique &eacute;clate, les sir&egrave;nes remplissent l&rsquo;air de leurs &eacute;chos assourdissants. Autour du bambin la foule s&rsquo;&eacute;parpille et chacun tente de trouver un abri. Pour les plus perspicaces, la solution est simple : courir droit vers le m&eacute;tro, qui avait &eacute;t&eacute; creus&eacute; suffisamment bas, expr&egrave;s pour ce genre de circonstances. Sans h&eacute;siter, la m&egrave;re d&rsquo;Artyom se rue vers les portes herm&eacute;tiques et parvient &agrave; survivre &agrave; l&rsquo;holocauste nucl&eacute;aire. Seulement, quelques semaines plus tard, elle dispara&icirc;t en laissant l&rsquo;enfant &agrave; un homme, Sacha, qui s&rsquo;occupera de lui et de son &eacute;ducation. Une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es apr&egrave;s, alors qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;loigne de la station dans laquelle il a pass&eacute; toute sa jeunesse, Artyom essaie de se souvenir de sa m&egrave;re et de la vie telle qu&rsquo;elle &eacute;tait avant la catastrophe. Ainsi Metro 2033 prend l&rsquo;allure d&rsquo;un roman initiatique, dans lequel le personnage se d&eacute;couvre lui-m&ecirc;me et le monde qui l&rsquo;entoure. Les obstacles se dressant face &agrave; lui le poussent dans ses retranchements et l&rsquo;on observe toute l&rsquo;&eacute;volution d&rsquo;un personnage. De plus, ses nombreuses rencontres jouent aussi un r&ocirc;le essentiel. Enfin, au fur et &agrave; mesure que le r&eacute;cit avance, le jeune homme d&eacute;couvre des dons qui pourraient bien avoir un lien avec sa mission, comme une sorte de pr&eacute;destination. Dmitry Glukhovsky conte donc le r&eacute;cit d&rsquo;un Artyom innocent, en pleine prise de conscience et oblig&eacute; d&rsquo;affronter les malheurs d&rsquo;une humanit&eacute; d&eacute;chir&eacute;e par des tensions h&eacute;rit&eacute;es de l&rsquo;&eacute;poque ant&eacute;rieure au d&eacute;luge.</span></p>
<p align="justify"></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"> <u><b>Une mission&nbsp;: sauver </b></u><u><b>un </b></u><u><b>m&eacute;tro</b></u><u><b> divis&eacute;</b></u></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les aventures d&rsquo;Artyom l&rsquo;entra&icirc;nant vers le centre du m&eacute;tro moscovite, le lecteur d&eacute;couvre en m&ecirc;me temps que le jeune homme les diff&eacute;rentes stations et une population d&eacute;chir&eacute;e par les luttes politiques. En effet, Dmitri Glukhosvky imagine qu&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es suivant l&rsquo;apocalypse les hommes et les femmes ne tarderaient pas &agrave; r&eacute;habiliter des r&eacute;gimes politiques structur&eacute;s dans l&rsquo;espace confin&eacute; d&rsquo;une ligne de m&eacute;tro. Apr&egrave;s tout, Aristote ne disait-il pas que l&rsquo;Homme est un animal politique ? Par exemple, tandis qu&rsquo;il est fait prisonnier par les forces de police d&rsquo;un nouveau Reich (dont l&rsquo;espace vital ne s&rsquo;&eacute;tend que sur trois malheureuses stations), Artyom est lib&eacute;r&eacute;, par un groupes de gu&eacute;rilleros communistes. Cela indique que les stations constituent de v&eacute;ritables bastions, voire des cit&eacute;s qui, comme sur le mod&egrave;le de la Gr&egrave;ce antique, &eacute;tablissent des r&eacute;gimes politiques tr&egrave;s diff&eacute;rents et, parfois, tr&egrave;s extr&ecirc;mes. Ainsi, outre la crainte partag&eacute;e chez tout habitants du m&eacute;tro que l&rsquo;humanit&eacute; vit sans doute ses derniers jours face &agrave; la menace mutante, les luttes intestines continuent, redoublent d&rsquo;intensit&eacute; avec des massacres r&eacute;pugnants, montrant que l&rsquo;union sacr&eacute;e est une illusion. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; En revanche, outre les syst&egrave;mes politiques, inspir&eacute;s pour la plupart par des id&eacute;es ant&eacute;rieurs &agrave; l&rsquo;holocauste nucl&eacute;aire, de nouvelles croyances traversent les stations. H&eacute;ritage de la Russie orthodoxe ? Probablement. Dmitry Glukhovsky oriente davantage ces croyances vers une &laquo; mythification &raquo; de l&rsquo;Union Sovi&eacute;tique et de ses dirigeants. En effet, l&rsquo;auteur joue sur le cot&eacute; mystique lorsque Artyom observe les b&acirc;timents du Kremlin. H&eacute;riss&eacute; d&rsquo;&eacute;toiles rouges rappelant les &eacute;chos d&rsquo;une civilisation russe d&eacute;sormais enterr&eacute;e dans le b&eacute;ton froid d&rsquo;un m&eacute;tro, ce qui &eacute;tait autrefois le centre du pouvoir laisse aussi l&rsquo;impression d&rsquo;&ecirc;tre une porte ouverte sur les enfers. Ainsi les stations le desservant deviennent le centre de nombreuses sp&eacute;culations, certaines laissant penser que les derniers dirigeants s&rsquo;y abritent toujours et que seuls ces derniers peuvent ramener de l&rsquo;ordre dans le m&eacute;tro. N&eacute;anmoins, toutes ces croyances invitent &agrave; d&eacute;passer le cadre du m&eacute;tro.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"> </span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"><b><span> </span><u>Les moscovites, les Russes et l&rsquo;humanit&eacute;</u></b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"><span>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Bien qu&rsquo;ils se retrouvent sous terre, les hommes et les femmes du m&eacute;tro moscovite vivent &eacute;galement avec le vertige. </span><span>Lequel&nbsp;? Celui provoqu&eacute; par une angoisse omnipr&eacute;sente dans le r&eacute;cit&nbsp;; </span><span>que l&rsquo;on peut expliquer par un sentiment de</span><span> solitude.</span><span> </span><span>En effet, s</span><span>i chacun a la certitude que Moscou </span><span>et le reste de la Russie </span><span>s</span><span>ont</span><span> </span><span>d&eacute;cim&eacute;s</span><span>, tout laisse croire, </span><span>pour les plus pessimistes,</span><span> que le monde entier, lui aussi, est enti&egrave;rement recouvert de retomb&eacute;es radioactives.</span><span> </span><span>L</span><span>&rsquo;humanit&eacute; a</span><span>yant disparu, outre le deuil, la solitude s&rsquo;installe dans les esprits</span><span>. </span><span>Les </span><span>quelques milliers de moscovites que croise Artyom ne s</span><span>eraient </span><span>plus que les derniers survivants d&rsquo;une esp&egrave;ce </span><span>victime de sa propre b&ecirc;tise, </span><span>emmur&eacute;e dans un m&eacute;tro</span><span>.</span><span> </span><span>Le lecteur se retrouve </span><span>donc </span><span>&agrave; suivre la geste des derniers hommes. Car </span><span>&agrave; la vue des mutants, qu&rsquo;il a eu l&rsquo;occasion de voir de pr&egrave;s</span><span>, Artyom en vient &agrave; se demander, </span><span>avec un certain pessimisme </span><span>l&agrave; encore</span><span>, ce qu&rsquo;il adviendrait de l&rsquo;humanit&eacute; si elle comptait </span><span>attendre la disparition des radiations. Comment l&rsquo;homme &eacute;voluerait&nbsp;? Ne deviendrait-il pas une taupe, incapable d&rsquo;affronter la lumi&egrave;re du soleil&nbsp;et l&rsquo;air pur de la surface ? </span><span>Tout compte fait, </span><span>l&rsquo;humanit&eacute; </span><span>telle qu&rsquo;on la conna&icirc;t </span><span>n&rsquo;est-elle pas condamn&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre </span><span>&agrave; petit feu</span><span>&nbsp;? Outre la tension, les frissons et tout les autres &eacute;l&eacute;ments obligatoires d&rsquo;un roman d&rsquo;anticipation, </span><span>Dmitry Glukhovsky </span><span>immisce de nombreuses interrogations sur l&rsquo;humanit&eacute;, </span><span>son avenir, mais &eacute;galement son rapport &agrave; la nature et au vivant. </span><span>Apr&egrave;s avoir vu les Hommes se d&eacute;chirer pour de simples querelles politiques, bien qu&rsquo;il en aille de leur survie, Artyom &eacute;volue plus loin dans la pens&eacute;e. Puisque la vie continue &agrave; la surface, malgr&eacute; les radiations, ne faudrait-il pas que l&rsquo;homme finisse par s&rsquo;adapter &agrave; ce qu&rsquo;il a engendr&eacute;&nbsp;? </span><span>Ainsi, le lecteur d&eacute;couvre &agrave; la fin du roman comment ce qui s&rsquo;av&eacute;rait &ecirc;tre une mission pour la survie de l&rsquo;humanit&eacute; est, en r&eacute;alit&eacute;, une r&eacute;v&eacute;lation pour le jeune Artyom.</span></span></p>
<p align="justify"></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;"> <u><b>Derni&egrave;res remarques</b></u></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Bien que nous laissions ce plaisir pour le lecteur, &agrave; qui nous nous effor&ccedil;ons de ne pas trop en dire au risque de <i>spoil </i>un ouvrage qui pourrait int&eacute;resser certains, la fin du roman ne laisse aucun doute sur ce qui suit. En effet Metro 2033 ouvre une trilogie avec Metro 2034 et Metro 2035, ce qui a de quoi ravir les lecteurs. Mais pour celles et ceux qui ne sont pas rassasi&eacute;s par les trois livres, notons que la saga a rassembl&eacute; une grande communaut&eacute; de fans de jeux vid&eacute;os et elle a eu droit a son adaptation en jeu vid&eacute;o &agrave; partir de 2010.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Georgia, serif;">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Il nous semble aussi n&eacute;cessaire de pr&eacute;ciser que les &eacute;ditions sont accompagn&eacute;es d&rsquo;un plan du m&eacute;tro utile pour pouvoir se rep&eacute;rer et s&rsquo;initier &agrave; l&rsquo;univers du roman, d&rsquo;autant que les non-russophones pourraient avoir du mal avec la prononciation de certains noms. Enfin, pour les curieux et les curieuses, qui se sont aussi pos&eacute; la question, oui il existe un &eacute;quivalent fran&ccedil;ais avec le m&eacute;tro parisien. Il s&rsquo;agit des romans Rive Gauche et Rive Droite de Pierre Bordage !</span></p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>IMAGINEZ : LA GUERRE OLYMPIQUE [#4]</title>
      <description><![CDATA[Imaginez&nbsp;: La Guerre Olympique par Lucas Sayous
&nbsp;
 Imaginez, ...]]></description>
      <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 13:00:00 +0000</pubDate>
      <link>https://www.radio-campus-pau.radio-website.com/news/imaginez-la-guerre-olympique-4-79</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Imaginez&nbsp;: La Guerre Olympique </strong>par Lucas Sayous</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span><strong>Imaginez</strong>, </span><span>au XXIIIe si&egrave;cle, un monde divis&eacute; entre deux puissances rivales s&rsquo;affrontant sur les terrains de sport. Pour d&eacute;fendre leurs couleurs, des athl&egrave;tes sur-entra&icirc;n&eacute;s, dop&eacute;s, drogu&eacute;s, conditionn&eacute;s pour d&eacute;passer les limites humaines. </span><strong>Imaginez</strong><span> que les Jeux Olympiques se transforment en v&eacute;ritable &eacute;v&eacute;nement politique o&ugrave; se montre la puissance de grands blocs id&eacute;ologiques au travers de celle de leurs athl&egrave;tes. Nous vous l&rsquo;accordons, cela a d&eacute;j&agrave; exist&eacute; et existe s&ucirc;rement encore aujourd&rsquo;hui. Mais </span><span><strong>imaginez</strong> </span><span>que derri&egrave;re la fa&ccedil;ade d&rsquo;une confrontation id&eacute;ologique se cache une coop&eacute;ration entre les soi-disant rivaux dans le but de r&eacute;guler &laquo;&nbsp;pacifiquement&nbsp;&raquo; la d&eacute;mographie mondiale. En somme<strong> </strong></span><span><strong>imaginez</strong> </span><span>un syst&egrave;me dystopique mondial qui s&rsquo;instaure avec la complicit&eacute; des deux camps. Chacun y trouvant son compte, comme si le Sovi&eacute;tique et l&rsquo;Am&eacute;ricain combattaient finalement pour une seule et m&ecirc;me cause&nbsp;!&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;id&eacute;e &eacute;mise par le prolifique auteur fran&ccedil;ais Pierre Pelot dans son roman </span><span><strong>La Guerre Olympiqu</strong>e</span><span> paru en 1980. Dans ce roman nous suivons les destins d&rsquo;un sportif, Pietro, et de deux condamn&eacute;s &agrave; morts, Yanni et Mager. Le premier est un jeune condamn&eacute; politique fran&ccedil;ais, contraignant du m&ecirc;me coup les membres de sa famille &agrave; subir le m&ecirc;me sort. Le second est un ancien clown hongrois, sans famille et condamn&eacute; pour l&rsquo;ignoble meurtre de sa compagne.</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Dans son d&eacute;roul&eacute; le r&eacute;cit prend une trame relativement claire et simple. Tout d&eacute;bute avec l&rsquo;&eacute;preuve qualificative du jeune Pietro. A la suite de sa qualification &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve finale (nos lecteurs nous excuserons de leur avoir g&acirc;ch&eacute; la surprise) nous suivons comment chacun des deux condamn&eacute; se pr&eacute;parent &agrave; mourir ou, dans le cas contraire, &agrave; vivre de nouveau libre. Ponctu&eacute; de r&eacute;flexions sur l&rsquo;enjeu de cet &eacute;v&eacute;nement, du consentement de la population face aux r&egrave;gles de ce jeu macabre, mais aussi de sc&egrave;nes &eacute;mouvantes, le roman invite le lecteur &agrave; observer le monde autour de lui. Nous nous int&eacute;ressons donc ici &agrave; vous pr&eacute;senter trois aspects essentiels du r&eacute;cit parmi les nombreuses que l&rsquo;on peut retrouver au fil des pages.</span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le sport pour se vider la t&ecirc;te&hellip; et celle des supporters</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Quoi de mieux que d&rsquo;aller se d&eacute;penser pour se vider l&rsquo;esprit et passer &agrave; autre chose&nbsp;? Bien plus encore, quoi de mieux que de se poser devant une comp&eacute;tition sportive et se contenter d&rsquo;observer ce qui se d&eacute;roule devant soi&nbsp;?&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;est de v&eacute;ritable tyrannie que celle qui s&rsquo;exerce inconsciemment sur les &acirc;mes, parce que c&rsquo;est la seule qui ne puisse se combattre.&nbsp;&raquo; comme le disait d&eacute;j&agrave; il y a plus d&rsquo;un si&egrave;cle Gustave Le Bon. Or cette phrase si&eacute;rait parfaitement &agrave; l&rsquo;id&eacute;e principale du roman de Pierre Pelot. Effectivement le premier probl&egrave;me abord&eacute; par ce roman dystopique tient &agrave; la question du contr&ocirc;le des foules en leur donnant des jeux. Sorte de </span><span>panem et circences, </span><span>du pain et du cirque comme on en voyait dans l&rsquo;Antiquit&eacute; romaine.&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>N&eacute;anmoins, outre la ferveur suscit&eacute; par l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, il s&rsquo;agit de voir comment ce contr&ocirc;le des foules conduit &agrave; des d&eacute;rives totalitaires. En effet, ce contr&ocirc;le atteint un degr&eacute; de dystopie lorsque les pouvoirs politiques d&eacute;cident d&rsquo;user d&rsquo;une m&eacute;thode terrifiante pour r&eacute;guler la population: l&rsquo;ange-gardien. Ce dispositif imagin&eacute; par Pierre Pelot est ins&eacute;r&eacute; dans la nuque de chaque individu condamn&eacute;. A la suite de cela, le condamn&eacute; plac&eacute; th&eacute;oriquement dans un couloir de la mort doit attendre jusqu&rsquo;&agrave; la prochaine comp&eacute;tition pour conna&icirc;tre l&rsquo;issue de son sort. Si ce dernier s&rsquo;av&egrave;re n&eacute;faste l&rsquo;ange-gardien &eacute;clate, et vous pouvez bien vous douter de ce qui se passe alors dans le cerveau de la victime.&nbsp; Le lecteur est donc interpell&eacute; et amen&eacute; &agrave; se poser des questions. A quoi ressemble la vie d&rsquo;un condamn&eacute; &agrave; mort ? Que ressent-on une fois au pied du mur, lorsque la date est pos&eacute;e mais que l&rsquo;on vous laisse entrevoir une infime chance de vous en sortir ? C&rsquo;est l&agrave; tout l&rsquo;enjeu de ce r&eacute;cit, dans lequel on voit d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; le jeune Yanni accabl&eacute; et le vieux Mager &eacute;quip&eacute; d&rsquo;une arme nageant en plein d&eacute;lire, criant haut et fort &laquo; je veux vivre ! &raquo;. Par cons&eacute;quent, l&rsquo;histoire devient tragique lorsque le sort des individus est li&eacute; &agrave; celui de sportifs tout aussi exploit&eacute;s pour des raisons politiques.</span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le corps d&rsquo;athl&egrave;te : subir sans souffrir</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Un autre aspect qui m&eacute;rite le d&eacute;tour dans ce r&eacute;cit r&eacute;side dans la place occup&eacute;e par le corps de l&rsquo;athl&egrave;te au coeur de cette lutte infernale entre les deux camps. Lorsque Pierre Pelot &eacute;crit ce roman nous sommes en 1980, une ann&eacute;e olympique marqu&eacute;e par le boycott de la comp&eacute;tition par les Etats-Unis qui ne souhaitaient pas envoyer leur d&eacute;l&eacute;gation &agrave; Moscou pour des raisons politiques. Pourtant les deux blocs se faisant face se situaient au sommet du sport professionnel et la question du dopage &eacute;tait pesante.&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>En effet les corps pouss&eacute;s &agrave; leur extr&ecirc;me limite ainsi que la capacit&eacute; des sportifs &agrave; passer outre les blessures en des temps records interpellaient l&rsquo;opinion publique mondiale. La science &eacute;tait au service du sport&nbsp;! Dans le roman qui nous int&eacute;resse le surdosage d&rsquo;antidouleur est un fait banal qui a pour cons&eacute;quence d&rsquo;entra&icirc;ner dans les ar&egrave;nes des sportifs &agrave; peine conscients de leur force et de leur corps. Par exemple, au premier chapitre le combat de pugilat entre Pietro et son adversaire tourne au v&eacute;ritable bain de sang. La puissance des deux sportifs se d&eacute;cha&icirc;ne et les d&eacute;tails ne manquent pas pour montrer l&rsquo;horreur des coups port&eacute;s. Plus loin dans le r&eacute;cit le Fran&ccedil;ais ne remarque sa joue d&eacute;chiquet&eacute;e qu&rsquo;&agrave; la vue de cette derni&egrave;re.&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Ainsi le m&eacute;rite d&rsquo;un tel roman est d&rsquo;interpeller sur la capacit&eacute; des sportifs de haut niveau &agrave; passer le cap de la &laquo;&nbsp;limite&nbsp;&raquo; que l&rsquo;on vante souvent. Ce roman aux &eacute;chos encore actuels met en &eacute;vidence une destruction des corps athl&eacute;tiques pour des raisons &agrave; la fois politiques et sportives. De fait, il y a de quoi se demander &agrave; quel point nous demandons &agrave; nos sportifs pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s d&rsquo;&ecirc;tre performants.&nbsp;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le triangle des Bermudes</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Le drame progresse au fil des pages et le lecteur observe une relation affermie entre les trois personnages principaux&nbsp;: Pietro, le h&eacute;ros &agrave; la recherche de la gloire&nbsp;; Yanni, l&rsquo;&eacute;tudiant du bloc Blanc condamn&eacute; pour incitation &agrave; la subversion, et Mager, le vieux clown du bloc Rouge condamn&eacute; pour un crime de droit commun. Comme le lecteur peut s&rsquo;en douter, le sort de chacun des personnage est li&eacute;, &agrave; distance, &agrave; celui des autres. Comme le disait si bien le titre d&rsquo;un tube du groupe ABBA&nbsp;: </span><span>The winner takes it all, </span><span>le gagnant prend tout ! Or dans les conditions pos&eacute;es par ce syst&egrave;me dystopique, le gagnant remporte le droit de vivre, tandis que son opposant, lui, est condamn&eacute; &agrave; mort. Nous voyons donc l&rsquo;apparition d&rsquo;un triangle, sinon d&rsquo;une pyramide au sommet de laquelle se situe Pietro, le personnage dont d&eacute;pend la survie des deux autres. La finalit&eacute; de son effort est donc d&eacute;terminante. N&eacute;anmoins, nous laissons le loisir au lecteur de d&eacute;couvrir la fin&nbsp; haletante de ce r&eacute;cit pour comprendre comment le malheur peut frapper chacun des trois personnages.</span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Derni&egrave;res remarques&nbsp;</strong></span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>La Guerre Olympique est un roman immersif ponctu&eacute; par des tableaux utiles &agrave; la compr&eacute;hension du r&eacute;cit. Le lecteur y trouve la liste des participants mais aussi les donn&eacute;es chiffr&eacute;es de la population mondiale. Ainsi il est possible de se faire une id&eacute;e du nombre de vies en jeu au cours de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, rendant le r&eacute;cit bien plus entra&icirc;nant.</span></p>
<p></p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>IMAGINEZ : LOTERIE SOLAIRE [#3]</title>
      <description><![CDATA[IMAGINEZ&nbsp;: LOTERIE SOLAIRE par Lucas Sayous

...]]></description>
      <pubDate>Fri, 17 Jan 2025 13:00:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><b id="docs-internal-guid-3ace1094-7fff-8ba5-593d-542abe1773ce"><span>IMAGINEZ&nbsp;: LOTERIE SOLAIRE </span></b>par Lucas Sayous</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<p dir="ltr" style="text-align: justify;"><strong>Imaginez</strong><span>, au XXIIIe si&egrave;cle,</span><span> </span><span>un dirigeant d&eacute;chu organisant une conspiration afin de conserver son pouvoir. Certes, nous accordons &agrave; nos lecteurs que pour cela, pas besoin de beaucoup d&rsquo;imagination, il suffit de regarder en arri&egrave;re pour trouver des cas similaires. Mais reprenons. </span><span><strong>Imaginez</strong> </span><span>vraiment un futur dans lequel l&rsquo;&eacute;lection au pouvoir supr&ecirc;me est d&eacute;cid&eacute;e par les sauts d&rsquo;une bouteille, le hasard d&eacute;cidant de tout. Imaginez qu&rsquo;un dirigeant veuille tout de m&ecirc;me forcer la main &agrave; la Fortune pour conserver sa place et finit, pour arriver &agrave; ses fins, par engager une &eacute;quipe d&rsquo;assassins dans le but de reprendre son d&ucirc; &agrave; son successeur direct.&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr" style="text-align: justify;"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Dans </span><em><strong>Loterie Solaire</strong></em><span>, roman de science-fiction paru en 1955, l&rsquo;Am&eacute;ricain </span><strong>Philip K. Dick</strong><span> conte l&rsquo;histoire de Ted Benteley, un travailleur banal qui se trouve embarqu&eacute; dans une aventure aux c&ocirc;t&eacute;s de Reese Verrick et son &eacute;quipe. Ce dernier, d&eacute;sign&eacute; Meneur de Jeu dix ans auparavant par un saut de la bouteille, se trouve exc&eacute;d&eacute; par la nouvelle de son &eacute;viction. Toutefois, si la surprise est immense, il ne demeure pas sans d&eacute;fense. Au contraire, dans un &eacute;lan de parano&iuml;a l&rsquo;homme avait pr&eacute;vu de quoi s&rsquo;armer pour rester au sommet de l&rsquo;&eacute;chelle mondiale. Celui qui en fait les frais se nomme Leon Cartwright, un sexag&eacute;naire dont l&rsquo;auteur nous conte &eacute;galement la version de l&rsquo;histoire. Ancien membre d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; religieuse, l&rsquo;homme se retrouve &agrave; la t&ecirc;te du gouvernement sans avoir eu la moindre exp&eacute;rience politique. Conscient de la menace planant sur lui, il s&rsquo;entoure de t&eacute;l&eacute;pathes pour assurer sa s&eacute;curit&eacute;. Ces derniers, mutants membres d&rsquo;une m&ecirc;me famille, sont charg&eacute;s de d&eacute;fendre le Meneur de Jeu contre n&rsquo;importe quelle menace d&rsquo;assassinat alors que cette pratique est encadr&eacute;e et r&eacute;gul&eacute;e. Ainsi le r&eacute;cit suit la traque de Cartwright par les larbins de Verrick de la Terre &agrave; la Lune.&nbsp;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b id="docs-internal-guid-5c590516-7fff-fcdc-ebf0-57d6be27a511"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span></b>Dans un futur o&ugrave; l&rsquo;humanit&eacute; souffre d&rsquo;un syst&egrave;me politique mondiale d&eacute;cid&eacute; par le hasard, o&ugrave; les calculs statistiques deviennent aussi absurdes que les augures annon&ccedil;ant les sauts de la bouteille, le lecteur est amen&eacute; &agrave; suivre les aventures de trois personnages principaux, diff&eacute;rents les uns des autres, mais chez qui nous retrouvons un sentiment commun&nbsp;: la r&eacute;volte. Ainsi nous laissons le lecteur voir de lui-m&ecirc;me par quels moyens Verrick chasse Cartwright, puis comment Benteley se positionne sur la question tandis que le vieil homme, lui, tente de s&rsquo;&eacute;chapper. Pour l&rsquo;heure, de ce qui nous int&eacute;resse, voyons comment dans <em><strong>Loterie Solaire</strong></em>, l&rsquo;auteur instille un sentiment de r&eacute;volte dans le caract&egrave;re de ses trois personnages principaux contre un syst&egrave;me moins ludique qu&rsquo;il n&rsquo;y para&icirc;t.</p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le suzerain Verrick et son vassal Benteley</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>La description physique de Reese Verrick pourrait faire penser &agrave; la figure courante du seigneur Normand avec sa grande taille, sa vigueur et ses cheveux longs. A cela s&rsquo;ajoute, pour &eacute;tayer l&rsquo;id&eacute;e, la soif de pouvoir et la brutalit&eacute; de l&rsquo;homme. Un vrai Ragnar en somme. Cependant, le vrai rapprochement que l&rsquo;on puisse constater r&eacute;side dans la philosophie qu&rsquo;il incarne. Verrick pose effectivement un probl&egrave;me d&eacute;j&agrave; &eacute;nonc&eacute; il y a un peu plus de mille ans dans l&rsquo;Europe m&eacute;di&eacute;vale lorsque s&rsquo;instaurait pas &agrave; pas la f&eacute;odalit&eacute; et ses principes. R&eacute;volt&eacute; par un monde o&ugrave; le hasard a laiss&eacute; un corps civique exsangue, d&eacute;nu&eacute; d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour la vie politique et rempli de superstitions, le Meneur de Jeu d&eacute;chu prend le contre-pied de ce syst&egrave;me en reprenant les codes que les pratiques m&eacute;di&eacute;vales avaient pos&eacute;. D&eacute;sormais les hommes ne seraient pas tenus de pr&ecirc;ter serment &agrave; une entit&eacute; abstraite mais plut&ocirc;t &agrave; un individu. En effet, selon Verrick, le fondement de chaque soci&eacute;t&eacute; humaine se situerait dans un principe moral universel : la loyaut&eacute;. La relation codifi&eacute;e entre le suzerain et son vassal serait donc plus juste, voire plus efficace que ce qui est propos&eacute; par le syst&egrave;me de la bouteille du fait de cette confiance mutuelle. Ainsi cette r&eacute;volte contre le hasard est persistante, se montrant tout au long du r&eacute;cit, notamment lorsque Verrick sursaute en critiquant la collection d&rsquo;amulettes d&rsquo;une de ses sbires. Nous comprenons donc clairement&nbsp; que le Meneur de Jeu prend partie pour un gouvernement des plus forts, une sorte d&rsquo;aristocratie fond&eacute;e sur le tissage de r&eacute;seaux de confiance. Par cons&eacute;quent, Verrick ne se pr&eacute;sente pas tant comme un tyran idiot mais plut&ocirc;t comme un despote &eacute;clair&eacute; sachant formuler ses propres id&eacute;es. Cependant, la fa&ccedil;on de traiter avec ses &laquo; sujets &raquo; ne semble pas plaire &agrave; Benteley qui, quant &agrave; lui, pense au-dessus de tout cela.</span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Ted ne roulerait pas en Benteley</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Ted Benteley ne voulait plus travailler pour le syst&egrave;me des Collines. Ces grands centres industriels ins&eacute;r&eacute;s dans un r&eacute;seau mondial, o&ugrave; la recherche du gain &eacute;crase tout sur son passage, l&rsquo;avaient mis &agrave; bout de force. La raison&nbsp;? Un malaise qui s&rsquo;apparente &agrave; une crise existentielle permanente, disons autrement une d&eacute;pression m&ecirc;me si le terme est sans doute fort. Ici aussi, la r&eacute;volte retentit dans l&rsquo;esprit tourment&eacute; d&rsquo;un personnage de Philip Dick comme ce peut &ecirc;tre le cas dans </span><strong><em>Les robots r&ecirc;vent-ils de moutons &eacute;lectriques&nbsp;?</em></strong><span>. Dans ce roman plus connu pour avoir &eacute;t&eacute; adapt&eacute; au cin&eacute;ma sous le nom de </span><span><strong><em>Blade Runner</em></strong>, </span><span>Rick Deckard se demande quelle limite poser pour d&eacute;finir l&rsquo;humain. En ce qui concerne Ted Benteley l&rsquo;humain s&rsquo;ins&egrave;re dans une soci&eacute;t&eacute; injuste et m&eacute;ritant d&rsquo;&ecirc;tre reb&acirc;tie &agrave; la force de ses bras. De nouveau, il est question de venir &agrave; bout des probl&egrave;mes pos&eacute;s par le syst&egrave;me mis en place. Si selon lui le hasard et la th&eacute;orie des jeux sont en partie responsables des maux de ce monde, ajoutons que le plus r&eacute;voltant r&eacute;side dans les cons&eacute;quences morales et politiques qui en d&eacute;coulent. D&eacute;sormais une grande partie de l&rsquo;humanit&eacute; est exclue car ne poss&eacute;dant pas de carte pour jouer. Ainsi des millions d&rsquo;hommes et de femmes se retrouvent sans aucune possibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; des biens que l&rsquo;on ne gagne plus qu&rsquo;aux jeux, si ces marchandises ne prennent pas finalement la forme de fonctions politiques comme celle de Meneur de Jeu. Face &agrave; cette d&eacute;classification d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;humanit&eacute;, comme cela pouvait &ecirc;tre le cas pour les Afro-am&eacute;ricain quand Dick &eacute;crivit le roman, Ted Benteley est &eacute;coeur&eacute; par le confort mat&eacute;riel de ses amis. Prenant conscience de ce d&eacute;go&ucirc;t dont il ne peut se s&eacute;parer, le personnage va jusqu&rsquo;&agrave; penser qu&rsquo;il est un psychopathe. N&eacute;anmoins, si sa r&eacute;volte commence d&egrave;s qu&rsquo;il se rend compte de l&rsquo;usurpation de son serment par Verrick, il ne demeure pas pour autant un hardant d&eacute;fenseur du gouvernement mondial tel qu&rsquo;il se pr&eacute;sente. A croire qu&rsquo;il recherche une troisi&egrave;me voie, comme il le laisse entendre &agrave; de multiples reprises lorsqu&rsquo;il dit vouloir quelque de chose de plus grand. Cependant, sous quelle forme pourrait se pr&eacute;senter la solution &agrave; son probl&egrave;me ? Sans doute la r&eacute;ponse r&eacute;side-t-elle dans la spiritualit&eacute;.</span><span></span></p>
<p dir="ltr"><span style="font-size: 14pt;"><strong>La d&eacute;couverte du Nouveau Monde.</strong></span><b></b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Des hommes et des femmes d&eacute;classifi&eacute;s, que l&rsquo;on nomme sobrement des </span><span>inks</span><span>, se retrouvent dans une petite soci&eacute;t&eacute; religieuse dont Leon Cartwright fait partie : les Prestonites. En effet, Cartwright, lui aussi r&eacute;volt&eacute; par les cons&eacute;quences du jeu de la bouteille, incarne une autre forme de r&eacute;volte, celle-ci moins brutale que celle de Verrick ou moins existentielle que celle de Benteley. Le vieil homme repr&eacute;sente quant &agrave; lui une forme de sagesse doubl&eacute;e par celle d&rsquo;un homme encore plus sage en la personne de John Preston, le soi-disant proph&egrave;te &agrave; l&rsquo;origine de la secte. Cartwright entretient de l&rsquo;espoir dans l&rsquo;entreprise de sa soci&eacute;t&eacute; car, au d&eacute;but du r&eacute;cit, une exp&eacute;dition comptant des d&eacute;class&eacute;s, voire des marginaux, se rend vers les confins du syst&egrave;me solaire &agrave; la recherche d&rsquo;une plan&egrave;te que l&rsquo;on pourrait assimiler &agrave; un nouvel Eden encore myst&eacute;rieux. Pendant qu&rsquo;il est traqu&eacute; comme une proie devant les yeux &eacute;bahis de millions de t&eacute;l&eacute;spectateurs, Cartwright suit avec attention la progression du vaisseau dans l&rsquo;espoir de voir ses souhaits se r&eacute;aliser. Ainsi un second r&eacute;cit vient se greffer &agrave; l&rsquo;intrigue principale, ouvrant vers la fin sur cette troisi&egrave;me voie que nous avons &eacute;voqu&eacute; et apportant une &eacute;ventuelle solution aux questions et malaises de chacun.</span><b></b></p>
<p dir="ltr"><strong><span style="font-size: 14pt;">Derni&egrave;res remarques&nbsp;:</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>De toute &eacute;vidence, il n&rsquo;est pas ais&eacute; de r&eacute;sumer un roman de Philip K. Dick tant il y a de choses &agrave; dire &agrave; son sujet. Nous invitons donc le lecteur &agrave; se plonger dans le roman et ne pas h&eacute;siter &agrave; relire certains passage afin de mieux les saisir. L&rsquo;avantage &eacute;tant que l&rsquo;&eacute;criture est limpide il demeure que les r&eacute;flexions sont parfois complexes. Philip K. Dick &eacute;tait un auteur prolifique et tourn&eacute; vers une science-fiction plut&ocirc;t &laquo;&nbsp;sp&eacute;culative&nbsp;&raquo; qui lui donna droit apr&egrave;s sa mort &agrave; un statut quasi-proph&eacute;tique, en raison de ses r&eacute;flexions sur le rapport politique &agrave; la science.</span></p>
<p style="text-align: justify;"></p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>IMAGINEZ : Celui qui chuchotait dans les ténèbres [#2]</title>
      <description><![CDATA[IMAGINEZ : CELUI QUI CHUCHOTAIT DANS LES T&Eacute;N&Egrave;BRES par Lucas Sayous
Imaginez vous dans le Nord-Est des Etats-Unis, &a...]]></description>
      <pubDate>Fri, 08 Nov 2024 13:00:00 +0000</pubDate>
      <link>https://www.radio-campus-pau.radio-website.com/news/imaginez-celui-qui-chuchotait-dans-les-tenebres-2-74</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>IMAGINEZ : CELUI QUI CHUCHOTAIT DANS LES </strong><strong>T&Eacute;N&Egrave;BRES</strong> par Lucas Sayous</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Imaginez</strong> vous dans le Nord-Est des Etats-Unis, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1920, remarquant les formes de cr&eacute;atures &eacute;tranges emport&eacute;es par le courant d'une rivi&egrave;re en crue. Vous n'&ecirc;tes pas seul &agrave; observer ce ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;trange. Autour de vous les t&eacute;moignages abondent et co&iuml;ncident, qu'importe la bouche qui les rapportent, que cela aille du paysan au notable du coin, tous disent avoir vu ces m&ecirc;mes formes effrayantes. Le myst&egrave;re s'abat alors sur les esprits. Comment expliquer que cet &eacute;v&eacute;nement aurait bien pu &ecirc;tre la rencontre avec des cr&eacute;atures que l'on pensait l&eacute;gendaires ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <strong>Celui qui chuchotait dans les t&eacute;n&egrave;bres</strong>, nouvelle d'horreur et de science- fiction &eacute;crite par le fascinant <strong>H.P Lovecraft</strong> en 1931, nous suivons le r&eacute;cit &agrave; la premi&egrave;re personne d'Albert Wilmarth, professeur de litt&eacute;rature &agrave; l'universit&eacute; d'Arkham, ville fictive de la Nouvelle-Angleterre. Dans ce r&eacute;cit, le professeur d&eacute;roule ses souvenirs des &eacute;v&eacute;nements.</p>
<p style="text-align: justify;">D'abord, en ce qui le concerne, l'homme est empreint d'un scepticisme tout naturel pour un universitaire et passionn&eacute; de sciences, ne croyant pas &agrave; l'existence de ces cr&eacute;atures. Pourtant, prenant position dans les tribunes de journaux locaux pour d&eacute;fendre sa th&egrave;se, ce monsieur Wilmarth re&ccedil;oit un jour la lettre d'un personnage myst&eacute;rieux du nom de Henri Akeley. Ce dernier tient en haute estime le personnage principal, soulignant au passage qu'il voudrait bien se ranger de son c&ocirc;t&eacute; lorsqu&rsquo;il le lit. N&eacute;anmoins ce qui le pousse &agrave; &eacute;crire au professeur r&eacute;side dans les preuves irr&eacute;futables qu'il propose d'apporter pour d&eacute;montrer que monsieur Wilmarth est, malgr&eacute; tout, dans l'erreur. En effet, Monsieur Akeley affirme avoir vu, comme les adversaires de son destinataire, ces &eacute;tranges cr&eacute;atures dans le lit d'une rivi&egrave;re.</p>
<p style="text-align: justify;"><br>Ainsi s'instaure un &eacute;change &eacute;pistolaire tout le long du r&eacute;cit, rapport&eacute; par Monsieur Wilmarth, et ponctu&eacute; par l'envoi des &eacute;l&eacute;ments qui vont progressivement changer l'opinion de ce dernier sur le sujet. Nous d&eacute;couvrons alors l'origine de ces cr&eacute;atures et les raisons qui les am&egrave;nent &agrave; interc&eacute;der dans l'&eacute;change entre les deux hommes, jusqu'&agrave; ce que ces derniers se rencontrent enfin. L'angoisse tient le r&eacute;cit sous cloche, lui donnant l'aspect d'un v&eacute;ritable t&eacute;moignage, parfois asphyxiant tant on est pris dans le r&eacute;cit. Enfin, la v&eacute;rit&eacute; &eacute;clate. Mais cela, nous ne nous y int&eacute;ressons pas, le lecteur est libre de la d&eacute;couvrir avec Messieurs Wilmarth et Akeley. En revanche, venons-en plut&ocirc;t &agrave; l'horreur. Halloween approchant, l'occasion se pr&eacute;sente donc d'&eacute;voquer nos peurs, celles que Lovecraft tente de nous faire ressentir.</p>
<p style="text-align: justify;"><br><strong>Veuillez ne pas approcher de cette zone !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><br>Avez-vous peur de l'inconnu ? Ressentez vous un vertige en vous approchant d'un endroit que vous ne connaissez pas ? Lovecraft, en tout cas, ressentait probablement des frissons lorsqu'on lui proposait de se balader dans les for&ecirc;ts de la Nouvelle-Angleterre. Dans Celui qui chuchotait dans les t&eacute;n&egrave;bres, les nuits d'horreur ponctuent le r&eacute;cit mais la p&eacute;nombre des collines bois&eacute;es du Vermont est d'autant plus effrayante. Monsieur Wilmarth en fait &eacute;cho tout au long de la nouvelle. Cet oc&eacute;an terrestre abrite des formes de vie que l'on ne peut pas pr&eacute;tendre conna&icirc;tre enti&egrave;rement. Cach&eacute;es dans les profondeurs de la for&ecirc;t, les cr&eacute;atures apparues dans le lit des rivi&egrave;res vivent &eacute;loign&eacute;es de la civilisation. En effet, comme en fait mention le professeur, les premiers colons se cantonn&egrave;rent au littoral atlantique pour &eacute;tablir leurs villes, daignant ne pas s'aventurer plus loin dans les terres. D'ailleurs, ce fut aussi le cas des natifs, qui ne souhaitaient pas se perdre entre les arbres. Le silence dans l'&eacute;tendue vaste des for&ecirc;ts pourrait en partie<br>expliquer ce frisson, &agrave; quoi s'ajoute aussi la peur de l'inconnu. En bref, des &eacute;l&eacute;ments que rapporte le narrateur lui-m&ecirc;me lorsqu'il se doit de traverser ces r&eacute;gions, le plongeant dans un certain malaise. Cependant cela s'explique aussi par la pr&eacute;sence, d'apr&egrave;s des l&eacute;gendes, de cr&eacute;atures monstrueuses dont les hommes auraient d&eacute;cid&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t dans l'histoire de ne jamais approcher.</p>
<p style="text-align: justify;"><br><strong>D'apr&egrave;s la th&eacute;orie des anciens astronautes.. ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><br>Si en r&eacute;alit&eacute; les contes et l&eacute;gendes rapport&eacute;s par les colons britanniques et les Indiens d'Am&eacute;rique n'&eacute;taient pas le fruit de leur imagination ? Que leurs peurs n&rsquo;&eacute;taient pas irrationnelles ? Et si, justement, il s'av&eacute;rait que les cr&eacute;atures dont il est question apr&egrave;s les crues existaient bel et bien avant l'arriv&eacute;e des hommes sur Terre ? Il serait difficile de le croire. Pourtant, pour Monsieur Wilmarth, force est de constater qu'il se trompait depuis le d&eacute;but. Lui qui admet avoir expliquer dans un premier temps que les l&eacute;gendes ne sont que des preuves de l'id&eacute;alisme et de la spiritualit&eacute; ancr&eacute;s dans l'esprit humain, le professeur finit par se r&eacute;signer en observant attentivement chaque preuve envoy&eacute;e par Monsieur Akeley. Tout comme son auteur, le personnage principal glisse vers un mat&eacute;rialisme qu'il ne peut renier. Effectivement il se retrouve confront&eacute; &agrave; la r&eacute;alit&eacute; mat&eacute;rielle, voire factuelle de ce monde. Le point commun entre les r&eacute;cits des colons britanniques et des Indiens ne r&eacute;siderait donc pas dans l'imaginaire des deux peuples. Au contraire les myst&eacute;rieuses cr&eacute;atures ne seraient pas le fruit d'une imagination mais seraient de v&eacute;ritables monstres ant&eacute;diluviens observ&eacute;s en pleine nature. Seule la langue poserait un probl&egrave;me pour les identifier. Par cons&eacute;quent dans le r&eacute;cit le mat&eacute;rialisme l'emporte, prouvant par l&agrave; que les v&eacute;rit&eacute;s mat&eacute;rielles sont bien plus effrayantes que de simples mythes et l&eacute;gendes. Ainsi, quoi de mieux que la science pour davantage appuyer ces v&eacute;rit&eacute;s ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De la science-frisson</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><br>Tout comme ce fut le cas pour Mary Shelley et bien d'autres auteurs qui suivirent la tendance, la science &eacute;tait un objet de crainte. Frankenstein &eacute;tait la personnification de la science se retournant contre le scientifique, de la cr&eacute;ation se retournant contre son cr&eacute;ateur. Or dans la nouvelle de Lovecraft, la science est effrayante dans une autre mesure, celle de la complexit&eacute; et de l&rsquo;infinit&eacute; qu&rsquo;elle apporte &agrave; l&rsquo;esprit humain. Ce dernier serait sans doute trop limit&eacute;, non pas parce que l'homme est un animal d&eacute;nu&eacute; d'intelligence, mais au contraire parce qu'il s'agit d'une intelligence extraordinaire enferm&eacute;e dans un corps fait de chair et d'os. La complexit&eacute; de la science est angoissante lorsque le romancier am&eacute;ricain s'y r&eacute;f&egrave;re. En raison, d'abord, de sa vertu &agrave; placer l'homme face &agrave; l'infini de l'univers comme nous l&rsquo;avons dit, mais &eacute;galement &agrave; cause de la remise en question ce que l'on appelle l'anthropocentrisme, un terme d&eacute;signant le fait de mettre syst&eacute;matiquement l'homme au centre de la science et de son environnement. D&eacute;sormais l'homme qui se projette vers les &eacute;toiles comprends qu'il n'est pas physiologiquement b&acirc;ti pour les atteindre, ou du moins pour voyager entre les corps c&eacute;lestes. Lovecraft montre ainsi que le corps de l'homme pourrait &ecirc;tre davantage un inconv&eacute;nient qu'une chance. Expliquant en partie pourquoi les cr&eacute;atures &eacute;tranges, de par leurs organismes, constituent en parall&egrave;le une<br>intelligence sup&eacute;rieure, ce dont se targue bien de faire comprendre le r&eacute;cit.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Derni&egrave;res remarques</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><br>Il est fait mention, dans le r&eacute;cit, de la d&eacute;couverte d'une plan&egrave;te ayant un lien tr&egrave;s &eacute;troit avec les &eacute;v&eacute;nements rapport&eacute;s par Monsieur Wilmarth. En effet, la nouvelle para&icirc;t en 1931, seulement quelque mois apr&egrave;s la d&eacute;couverte de Pluton, nomm&eacute;e d'apr&egrave;s le dieu des Enfers. On peut penser que ce corps c&eacute;leste aux confins de notre syst&egrave;me solaire avait attis&eacute; la curiosit&eacute; comme la crainte chez Lovecraft. En l'occurrence, nous retrouvons dans ce genre de d&eacute;couverte des &eacute;l&eacute;ments vus pr&eacute;c&eacute;demment : la peur de l'espace, de l'inconnu et de la science. Cependant, que l'auteur repose en paix, Pluton n'est d&eacute;sormais plus une plan&egrave;te d&rsquo;apr&egrave;s la communaut&eacute; scientifique ! <br>Enfin pour les passionn&eacute;s de manga, nous vous conseillons vivement de lire la version illustr&eacute;e de la nouvelle par Gou Tanabe, aux &eacute;ditions Ki-oon.<br>En attendant, nous nous retrouvons prochainement pour une nouvelle pr&eacute;sentation de roman. D&rsquo;ici-l&agrave;, portez vous bien !</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>IMAGINEZ : Starship Troopers [#1]</title>
      <description><![CDATA[IMAGINEZ : STARSHIP TROOPERS par Lucas Sayous
&nbsp;
 Imaginez une rubrique sur Radio Campus Pau qui vous d...]]></description>
      <pubDate>Fri, 18 Oct 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
      <link>https://www.radio-campus-pau.radio-website.com/news/imaginez-starship-troopers-1-73</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><span>IMAGINEZ : STARSHIP TROOPERS par Lucas Sayous</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr" style="text-align: justify;"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Imaginez une rubrique sur Radio Campus Pau qui vous donne l'envie de lire, ou de relire, des romans de science-fiction afin de passer le temps et de vous divertir. De plus, imaginez que cela ne vous retienne pas plus de cinq minutes pour d&eacute;couvrir un auteur, une saga, ou une &oelig;uvre unique et que le fin mot de l'histoire soit&nbsp;que vous vouliez voir par vous-m&ecirc;me ce qu'il en est. Pour ce faire, laissez donc le soin &agrave; votre m&eacute;dia &eacute;tudiant de prendre les devants et de vous placer sous les yeux des romans qui valent le d&eacute;tour, avec des angles de lectures utiles pour leur compr&eacute;hension. Il s'agira d'&eacute;voquer aussi bien des grands classiques que des nouveaut&eacute;s. Et cela, m&ecirc;me pour des lecteurs non avertis. Mais avant toutes choses, afin de convenablement engager cette s&eacute;rie de rubrique, quelle meilleure solution que de parler, justement, d'une &oelig;uvre centr&eacute;e sur l'engagement&nbsp;? Rentrons donc dans le c&oelig;ur du sujet et...</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>...</span><span><strong>Imaginez</strong> </span><span>un XXI&deg; si&egrave;cle au cours duquel l'humanit&eacute; est sous la coupe d'une organisation mondiale et galactique, la F&eacute;d&eacute;ration terrestre. Imaginez d&eacute;sormais que cette m&ecirc;me f&eacute;d&eacute;ration s'efforce tant bien que mal de maintenir la paix dans les confins de la Voie Lact&eacute;e, tandis que la menace d'une guerre contre des arachnides se manifeste. Enfin, imaginez que parmi celles et ceux qui s'engagent &agrave; prendre les armes pour prot&eacute;ger l'humanit&eacute; vous soyez embarqu&eacute;s &agrave; la suite d'un jeune homme qui vous conte son exp&eacute;rience personnelle.</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Dans </span><strong>Starship Troopers</strong><span>, paru pour la premi&egrave;re fois aux Etats-Unis en 1959, le romancier et grand patron de la science-fiction </span><strong>Robert Heinlein</strong><span> conte le r&eacute;cit, &agrave; la premi&egrave;re personne, d'un jeune lyc&eacute;en du nom de John Rico qui s'engage un peu malgr&eacute; lui dans l'arm&eacute;e de la F&eacute;d&eacute;ration alors que la guerre est encore loin d'&eacute;clater. Le roman d&eacute;bute n&eacute;anmoins au beau milieu des combats lorsque le lecteur suit la destruction d'une plan&egrave;te par les troupes de l'Infanterie Mobile. Pendant pr&egrave;s d'une cinquantaine de pages, vous serez sous le feu des grenades, des armes atomiques tactiques ou encore des lance-flammes. Vous serez pour ainsi dire dans le feu de l'action, ce qui n'est pas plus mal pour se plonger dans un roman de science-fiction. A la suite de ce tableau plein d'&eacute;nergie, le r&eacute;cit retombe dans une trame plus classique et revient sur l'affectation de John Rico dans l'Infanterie Mobile, le dernier choix sur sa liste. Starship Troopers est un roman ponctu&eacute; par les h&eacute;sitations, les combats, les r&eacute;flexions morales. En somme, nous suivons les &eacute;preuves qui forgent progressivement le caract&egrave;re d'un nouveau John Rico, pass&eacute; par le pire corps d'arm&eacute;e qui puisse exister. On remarque alors pendant la lecture un fil rouge portant sur l'engagement en tant que moyen pour devenir citoyen. Ainsi voyons un premier d&eacute;tail &agrave; vous faire d&eacute;couvrir&nbsp;: pour les remparts de quel genre de cit&eacute; le citoyen part-il au combat ?</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><strong>Un cadre qui se d&eacute;voile le long du r&eacute;cit</strong></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Pour les lecteurs et lectrices qui cherchent &agrave; conna&icirc;tre davantage de d&eacute;tails sur la toile de fond du roman, peu de choses nous sont rapport&eacute;es par l'auteur, qui semble ne pas s'&ecirc;tre attard&eacute; sur une description approfondie de la F&eacute;d&eacute;ration afin de centrer enti&egrave;rement le r&eacute;cit sur son personnage principal. Seul quelques passages &eacute;parses &eacute;clairent faiblement les raisons qui ont conduit &agrave; la mise en place de l'organisation. D'apr&egrave;s un passage dans lequel John Rico se souvient de ses cours d'histoire morale, la F&eacute;d&eacute;ration terrestre serait n&eacute;e d'un troisi&egrave;me conflit mondial dat&eacute; vers la fin du XX&deg; si&egrave;cle, au cours duquel les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Russie se seraient alli&eacute;s pour vaincre l'h&eacute;g&eacute;monie chinoise. De cette p&eacute;riode sombre, qui avait eu le m&eacute;rite de mettre en &eacute;vidence les faiblesses morales des soci&eacute;t&eacute;s occidentales, selon le narrateur, serait apparue une organisation mondiale parfaite, r&eacute;gnant sur l'ensemble de l'humanit&eacute;&nbsp;: la F&eacute;d&eacute;ration terrestre.</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><strong>Aristote de l'espace</strong></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Vous devez donc probablement vous posez cette question&nbsp;: dans quel sens cette soci&eacute;t&eacute; nouvelle serait parfaite&nbsp;? Et en quoi est-ce si important dans la compr&eacute;hension du roman de le savoir&nbsp;? La r&eacute;ponse donn&eacute;e dans le r&eacute;cit est &agrave; la fois politique, morale et finit par retomber sur les &eacute;paules du jeune John Rico. En ce qui regarde la politique d'abord, ce que l'on apprend au cours du r&eacute;cit est que le bon fonctionnement de la F&eacute;d&eacute;ration tient en partie gr&acirc;ce &agrave; la scission de son corps social en deux parties distinctes. D'un c&ocirc;t&eacute; les civils repr&eacute;sentent la majeure partie de la population, libres de droit et de fait, comme le richissime p&egrave;re de John Rico, qui s'oppose au choix de son fils de s'engager en d&eacute;pit de la vie civile confortable qui l'attend. De l'autre, le corps des citoyens est quant &agrave; lui constitu&eacute; de celles et ceux qui se sont engag&eacute;s dans l'arm&eacute;e pendant un service minimum de deux ans, comme John Rico. Ces citoyens, une fois revenus de leurs classes dans l'arm&eacute;e, se voient accord&eacute; le droit de vote et un prestige social, assorti d'une sorte de l&eacute;gitimit&eacute; morale gr&acirc;ce &agrave; l'engagement qu'ils ont tenu. On observe alors l'opposition des points de vue entre le p&egrave;re et le fils, fil conducteur des premiers chapitres.</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><strong>Le citoyen mod&egrave;le&nbsp;: un citoyen qui ne reste pas passif</strong></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Lisant ce qui pr&eacute;c&egrave;de vous seriez bien tent&eacute; de dire que Robert Heinlein faisait une apologie du militarisme et de la dictature militaire. Ou dans une moindre mesure de la propagande pour l'Oncle Sam. Or il n'en est rien. Bien que les traits soient grossis, sans doute pour des raisons de style (il faut bien de l'action!) et de compr&eacute;hension, on remarque que s'il existe au sein de cette F&eacute;d&eacute;ration terrestre une diff&eacute;rence sur le plan politique, la plus &eacute;vidente reste sur le plan moral et civique. Le citoyen id&eacute;al ici est un jeune homme comme John Rico. Le citoyen s'engage et donne de sa personne pour venir en aide &agrave; ses camarades. Dans Starship Troopers il s'agit de la solidarit&eacute; entre fr&egrave;res d'armes lors des classes, sur le terrain et &agrave; bord des vaisseaux. L'essentiel &agrave; retenir &eacute;tant la prise de conscience et de maturit&eacute; du personnage dont on suit l'&eacute;volution psychologique tout au long du r&eacute;cit. D'ailleurs il s'en vante lorsqu'il pr&eacute;tend avoir rejoint l'arm&eacute;e en &eacute;tant encore enfant tandis que les classes et ses instructeurs ont fait de lui un homme. En l'occurrence, l'homme est le citoyen. Sa transformation implique n&eacute;anmoins de passer par de grandes &eacute;preuves, parfois tr&egrave;s difficiles et traumatisantes, que le lecteur suit tout au long du r&eacute;cit.</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><strong>Derni&egrave;res remarques</strong></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Starship Troopers est un excellent roman qui alterne entre des phases d'actions et de descriptions noyant le lecteur sous les m&eacute;dailles militaires. Pour celles et ceux qui ne seraient pas familier avec les grades, il vaut mieux savoir que conna&icirc;tre ces d&eacute;tails n'est pas n&eacute;cessaire puisque le r&eacute;cit reste compr&eacute;hensible et l'on suit assez ais&eacute;ment les progr&egrave;s de John Rico au sein de la hi&eacute;rarchie.&nbsp;</span></p>
<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>Enfin, le roman a &eacute;t&eacute; adapt&eacute; au cin&eacute;ma sous le m&ecirc;me nom par Paul Verhoeven en 1997 et serait susceptible de ravir certains de nos lecteurs. Pour ceux dont les go&ucirc;ts se portent plut&ocirc;t sur les jeux vid&eacute;os, la licence a &eacute;t&eacute; adapt&eacute; sur Xbox mais selon nous il est juste de remarquer une grande ressemblance entre l'univers de Starship Troopers et celui du jeu de strat&eacute;gie Starcraft, jeu produit par Blizzard. Bient&ocirc;t trentenaire, ce jeu vous laisse le choix de jouer les humains ou les arachnides, selon vos go&ucirc;ts.</span></p>
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<p dir="ltr"><span><span class="Apple-tab-span"> </span></span><span>En attendant, nous nous retrouvons prochainement pour une nouvelle pr&eacute;sentation de roman en esp&eacute;rant que vous ayez appr&eacute;ci&eacute; cette premi&egrave;re. D'ici-l&agrave;, si vous &ecirc;tes &eacute;tudiant et motiv&eacute; rejoignez l'aventure Radio Campus Pau pour cette nouvelle ann&eacute;e &eacute;tudiante. Pourquoi ne pas faire comme John Rico et ses camarades&nbsp;? ENGAGEZ-VOUS&nbsp;!</span></p>
<p></p>]]></content:encoded>
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